Actualité Crypto.com : l’IA derrière les visuels des plateformes crypt
L’essentiel
Actualité crypto.com : comment l'IA générative produit les visuels des plateformes crypto, et ce que cela implique pour vos images personnelles.
Vous avez vu passer une notification Crypto.com cette semaine : nouvelle interface, visuels plus léchés, animations générées en quelques secondes. Derrière ces images qui semblent sorties d’un studio, il y a presque toujours un modèle d’IA générative. Et ce modèle, pour produire ce rendu, a été entraîné sur des millions de photos. La question que je pose systématiquement, et que personne ne pose avant de cliquer « publier », c’est : d’où viennent ces images d’entraînement, et les vôtres pourraient-elles en faire partie ? C’est tout l’enjeu de l’entraînement des IA sur vos photos, que j’ai détaillé dans un article dédié.
Ce que dit l’actualité crypto.com cette semaine
Les plateformes crypto ne se contentent plus d’afficher des graphiques. Elles investissent dans des visuels générés : bannières promotionnelles, avatars, illustrations de campagnes marketing. Crypto.com n’échappe pas à cette tendance, au même titre que la plupart de ses concurrents directs.
Ce virage visuel n’est pas un détail esthétique. Il traduit un choix stratégique : produire du contenu à grande échelle, sans studio photo, sans mannequin, sans séance shooting. L’IA générative coûte moins cher qu’une agence de communication classique.
Pourquoi les plateformes crypto misent sur l’IA visuelle
Le calcul est simple. Une campagne publicitaire traditionnelle mobilise des photographes, des graphistes, des semaines de production. Un modèle d’IA génère des dizaines de variantes en une après-midi.
Le problème, c’est que ces modèles doivent apprendre quelque part. Et l’apprentissage se fait sur des bases d’images existantes, souvent collectées sur le web, parfois sans que les personnes photographiées en aient eu la moindre idée.
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Vos images servent-elles à entraîner ces modèles ?
C’est la question que je trouve systématiquement éludée dans les communications des plateformes crypto. Une photo partagée sur un réseau social, un avatar posté sur un forum spécialisé, une image jointe à un commentaire : tout cela peut théoriquement être aspiré par un robot de collecte, puis intégré à un jeu de données d’entraînement.
Je ne dis pas que Crypto.com le fait directement. Je dis que l’infrastructure qui permet ce genre de collecte existe, et qu’elle tourne sans que l’utilisateur en soit informé au moment précis où il clique sur « partager ».

L’erreur classique
L’erreur classique, c’est de croire qu’une image supprimée disparaît aussitôt des serveurs. Une fois qu’un modèle a été entraîné sur une donnée, le retrait de la donnée source ne retire pas ce que le modèle a appris. C’est un point que la confidentialité des données appliquée à la reconnaissance d’image doit intégrer dès la conception d’un outil, pas après coup.
Reconnaissance d’image et confidentialité : les points de vigilance
Je regarde toujours trois choses avant de me prononcer sur un outil qui traite des images d’utilisateurs.
Premièrement, la finalité déclarée : l’image sert-elle uniquement à l’affichage, ou alimente-t-elle aussi un modèle ? Les conditions d’utilisation le précisent rarement en clair.
Deuxièmement, la durée de conservation. Un délai non précisé, pour moi, vaut une conservation illimitée jusqu’à preuve du contraire.
Troisièmement, la possibilité de retrait effectif. Un bouton « supprimer mon compte » ne garantit rien sur les copies déjà exploitées pour l’entraînement.
Ces mêmes questions se posent pour n’importe quel outil de vision par ordinateur, bien au-delà de la crypto. Les considérations éthiques de la reconnaissance d’image reposent exactement sur ces trois piliers.
Ce qu’il faut vérifier avant de partager une photo sur ces plateformes
Je ne recommande jamais de bannir ces services. Je recommande de vérifier trois lignes avant de poster une image de son visage ou d’un document personnel.
La politique de confidentialité mentionne-t-elle explicitement l’IA générative ou l’apprentissage automatique ? Si le mot « IA » n’apparaît nulle part dans un document mis à jour cette année, c’est suspect, pas rassurant.
Existe-t-il une case de consentement séparée pour l’usage à des fins d’entraînement de modèle ? Si cette case n’existe pas, le consentement global sert souvent de fourre-tout.
Enfin, l’entreprise répond-elle à une demande de suppression en moins de 30 jours, comme l’exige le RGPD pour les données personnelles ? C’est vérifiable concrètement : envoyez la demande, chronométrez.
Le dernier conseil que je donnerais, c’est celui-ci : une image de vous n’est jamais « juste une photo » pour une plateforme qui manipule déjà des actifs numériques à grande échelle. Elle est une donnée parmi d’autres, et les données, dans cet univers, ont toujours une valeur d’entraînement.
Une image supprimée peut-elle encore influencer une IA déjà entraînée ?
Oui, si le modèle a été entraîné avant la suppression. Le retrait de la source n’efface pas ce que le modèle a appris pendant l’entraînement.
Faut-il éviter totalement les plateformes crypto utilisant l’IA générative ?
Non, mais il faut vérifier la politique de confidentialité et privilégier les comptes où aucune photo personnelle identifiable n’est nécessaire.

Clara Blaise
recherche par image, reconnaissance faciale, vie privée et droit à l'image
Clara teste les moteurs de recherche par image et de reconnaissance faciale, et suit ce que la CNIL, le RGPD et l'AI Act permettent vraiment. Chaque test est refait sur ses propres photos avant publication.
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Mis à jour le 12 octobre 2026